Comédie Romantique

Le blog de Tonie Behar, romancière et spécialiste de la comédie romantique
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Vengeance en Prada : un plat bien tiède

 Sorti, en 2003, traduit en 27 langues, vendu à 7 millions d’exemplaires à travers le monde, dont un million rien qu’en France, adapté au cinéma en 2006 avec Anne Athaway, Emily Blunt, Simon Baker et Meryl Streep, le Diable s’habille en Prada est un livre et un film culte, une légende de la comédie romantique, un sommet de la chick lit.

10 ans plus tard, l’auteure, Lauren Weisberger offre une suite à son Diable et nous permet de savoir ce que sont devenus Andrea Sachs, Emily Bolton et l’inégalable, l’unique, la diabolique Miranda Priestly. Tout le monde sait que Lauren Weisberger a elle-même travaillé à Vogue en tant qu’assistante d’Anna Wintour, et la terre entière se doute que la célèbre  rédactrice en chef avait inspiré le personnage du roman, ce que Lauren Weisberger a toujours nié. Fleuve Noir, l’éditeur français de Weisberger a  prévu un premier tirage à 100 000 exemplaires assorti d’une campagne de 4 x 3 dans le métro parisien.  

Quand on s’appelle toniebehar.com, on ne peut que se jeter sur ce nouvel opus. Donc…

Je l’ai lu pour vous et je vous dis tout !

Cela fait dix ans qu’Andrea Sachs a démissionné du magazine Runway  et plaqué son job d’assistante de Miranda Priestly, redoutable rédactrice en chef du Runway, ce job pour lequel « des milliers de filles se damneraient ». Depuis, Andy et Emily, son ex-collègue et ancienne ennemie jurée, ont fondé un magazine de mariage haut de gamme, The Plunge. Andy a désormais 33 ans, elle a du succès et elle est sur le point de se marier. Tout roule… à condition de se tenir  à distance de Miranda. Seulement, cette dernière sait reconnaître une opportunité quand elle en voit une et The Plunge lui fait envie. Autant dire qu’elle ne va pas manquer de se rappeler à leur bon souvenir…

Oh non !

Le titre nous promet une vengeance haute-couture et la  couv nous allèche avec un « Le diable est de retour, plus infernal que jamais ! » Donc quand on tient ce pavé de 455 pages dans les mains, on se dit qu’on va se régaler. Oui, j’avoue, cette Miranda Priestly, j’avais adoré la détester !
Au bout de 200 pages, on doit bien se rendre à l’évidence, de vengeance il n’y aura point, et d’enfer encore moins. En revanche on a droit à la description minutieuse de la grossesse d’Andréa, de l’accouchement d’Andréa, du baby blues d’Andréa, de l’amour larmoyant et immense d’Andréa pour son tout mignon petit bébé, des séances de soutien post natal d’Andréa, du laisser-aller d’Andrea… Bref on s’ennnnnuuuuuiiie à mourir.
Et Miranda Priesley me direz-vous ? On la voit à peine, mais vraiment à peine ! Ses apparitions occupent à tout casser 20% de ce roman interminablement mièvre. Les seuls moments où on s’anime, sourit, espère, c’est quand elle apparait. Mais là encore, la vengeance fait pshiiiit !  On devine que Miranda n’a que faire de ces 2 ex assistantes dont elle se souvient à peine… et on la comprend !
J’ai espéré jusqu’au bout, j’ai imaginé des scénarios bien plus retors que celui du roman, mais franchement, à part le switch final auquel l’auteur nous prépare depuis le début, c’est une lecture qui a laissé mon électro-encéphalogramme plat !

 

Oh oui !

Laissez-moi réfléchir… je reviens.

Est-ce que le mâle fait mal ?

Le mâle ? quel mâle ?

On le lit ou pas
Je suis sûre que nous serons néanmoins nombreuses à le lire, juste par curiosité. Mais parfois, la curiosité est un vilain défaut !