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Comment la Chick lit’ est devenu est phénomène de société

Née à la fin des années 90, en l’espace de deux romans, la chick lit s’est  imposée comme un phénomène de société. En rendant le célibat normal, mais aussi drôle et sexy, elle a radicalement modifié l’image des femmes de trente ans. La chick lit’ a créé toute une nouvelle mythologie féminine : stilettos, sorties alcoolisées entre copines, glamour et ambition professionnelle. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’auto-dérision. Une mini révolution féministe, futile en apparence , mais plus profonde qu’il n’y paraît.

Comment la Chick lit’ est devenu est phénomène de société

Souvenons nous. En 1994, deux journalistes de chaque côté de l’Atlantique chroniquent l’air du temps dans des petits billets d’humeur bourrés d’humour : Helen Fielding à Londres pour the Gardian et Candace Bushnell à New York pour the New Yorker décrivent les relations hommes/femmes avec une liberté de ton toute nouvelle.   Elles révèlent surtout l’existence et le mode de vie d’un nouveau socio-type : la trentenaire célibataire,  urbaine et active.

Succès aidant, elles sont contactées par des éditeurs.  Helen Fielding compilera la vie de sa Bridget Jones dans un diary très romancé en 1996, Candace Bushnell livrera les chroniques de Carrie Bradshow « dans leur jus », au sein d’un recueil baptisé « Sex and the City » en 1997.

Nous sommes toutes des Bridget Jones

Roman : Le journal de Bridget Jones Helen FieldingBridget Jones a un job dans l’édition. Elle est amoureuse de son boss, le séduisant Daniel Cleaver et sa mère lui a présenté le non moins craquant Mark Darcy.
Elle passe son temps libre dans un pub avec ses copines Jude et Sharon et son meilleur ami gay, Tom, qui a une théorie : « les homosexuels et les femmes célibataires de plus de trente ans ont beaucoup en commun. Ils sont habitués à faire le malheur de leurs parents et à être traités en phénomène de foire par le reste du monde ». Ensemble, ils se bourrent la gueule au Chardonnay en déblatérant sur les « enfoirés affectifs » (= phobiques de l’engagement).
Ce diary hilarant s’est rapidement retrouvé sur les tables de chevet de toutes les filles urbaines et non casées du monde occidental. A la fois pliées de rire et soulagées. NON, elles n’étaient  plus seules à être célibataires à trente ans et des poussières.
OUI, on pouvait en rire et même se prendre pour des héroïnes de roman.
OUI, on pouvait trouver l’amour après trente ans.

Et nous rêvons toutes d’être des Carrie Bradshaw

Un an plus tard, en 1998, Carrie Bradshaw et ses copines  envahissaient les petits écrans dans lale Cosmopolitan : boisson de Sex and the City sérieSex and the City, produite par HBO et orchestré par Darren Star.
A la fois scénariste, réalisateur et producteur du projet, Darren Star est l’homme   qui a Livre Sex and the City Candace Bushnelldonné à Sex and the City le visage qu’on lui connait. Des chroniques éparses de Candace Bushnell, il a extrait quatre personnages féminins – Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte –  et construit des intrigues autour d’elles. S’inspirant du mode de vie gay – à la fois masculin et féminin, sexuellement libéré et très bavard – il l’a calqué  sur les quatre filles. La mayonnaise a pris dès la première diffusion.

Être célibataire, c’est sexy !

Sex and the City va plus un cran plus loin que Bridget Jones dans la célébration de la femme célibataire. Là où Bridget pleurniche, Carrie s’éclate.  Et soudain, ça devient furieusement plus sexy, cool et rock’n’roll d’être célibataire que casée! Les filles de sex and the city adoptent toute une série de comportements typiquement masculins  en les glamourisant au maximum. Certes on travaille dur, mais en talons aiguilles. On boit des coups, mais des Cosmopolitan dans un bar branché. On baise, oui mais des jolis toy boys etc. Mais cela n’empêche pas de rêver à un beau mariage avec Mister Big, comme au temps d’Edith Wharton…

La mode et Manolo !Une paire de Manolo Blahnik. le graal de l'héroïne de sex and the City

A cela s’est ajouté « le cinquième personnage du film » la mode,  ainsi que l’a affirmé  Patricia Field styliste de la série. Son trait de génie : associer sur un même look une robe à 5 dollars et une fourrure hors de prix. Elle prouvait ainsi que le plus important c’était l’allure et non l’accumulation de vêtements griffés*.
Les 4 filles ont toutes un gout immodéré pour la mode en général et les stilettos Manolo Blanick en particulier.

 

Les nombreux poussins de la chick lit’machine à écrire : j'aime la chick lit

Les américains se sont empressés de trouver un nom à ce nouveau créneau littéraire plus spécifiquement destiné aux femmes. Cela a donné CHICK LIT’ (chick = poulette ; lit’ = littérature). Pour les femmes, la Chick lit’  a été un bol d’air, une bouffée d’oxygène, une coupe de champagne ! Dans la foulée,  une foule de romancières (moi comprise) ont emboîté le pas à ces géniales pionnières, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de succès. Aux États-Unis, en Angleterre en France, en Espagne… sont apparues des dizaines d’héroïnes célibataires, trentenaires, drôles, branchées, paumées… Succès aidant, le style a donné naissance à une multitude de dérivés  : teen chick lit’ (chick lit’ pour ado) , chick flicks (film de filles), bit lit’ (chick lit’ avec vampires)….

La Chick lit :  la nouvelle comédie romantique féministe

Personnellement, je n’aime pas trop le terme chick lit’, que je trouve un poil méprisant et qui contribue à donner au genre une image négative, alors que les autrices de chick lit’ revendiquent leur féminism et écrivent des romans de qualité.  C’est pourquoi je préfère dire… comédie romantique !  On retrouve en effet dans la chick lit’ tous les codes des comédies romantiques hollywoodiennes, genre classique qui trouve sa source chez… William Shakespeare ! En faisant grimper la classe d’âge des héroïnes d’une bonne dizaine d’années, en mettant en avant leur activité professionnelle, en étant drôles, modernes et féministes, Helen Fielding et Candace Bushnell ont dépoussiéré la comédie romantique. Merci à elles.

*Elle a d’ailleurs été récompensée pour son travail par un Emmy Award, équivalent du césar des meilleurs costumes.

3 Comment

  1. Désolée pour ce commentaire un peu tardif mais il fallait que je dise que je suis absolument d’accord avec tout cela et que je ne comprends pas pourquoi avoir choisi un terme que je trouve péjoratif pour une littérature qui peut être de qualité.

    Par contre je dirais plus:
    « En fait, elles ont tout bonnement repris bon nombre de codes des comédies romantiques hollywoodiennes, genre classique qui trouve sa source chez… Jane Austen! »

    Julie de Original Platypus

  2. Merci Julie pour ton commentaire. et bienvenue sur mon blog.
    Je pense que pour les américains, « chick lit  » est plus affectueux et humoristique que péjoratif. En france, en revanche, le terme est terrible et a énormément contribué à déprécier le genre (surtout auprès des éditeurs). A bientot j’espère
    Tonie

  3. Bonjour Tonie…
    Et miam, j’adore l’ambiance qui règne ici :-))
    Je suis tout à fait d’accord avec ton point de vue, « comédie romantique » est plus …enfin moins… bref c’est mieux que cet appellation de  » chic lit  » qui ne sonne pas « juste » en français !
    Evidemment j’ai adoré et que je revois ou relis avec plaisir les sexanventures de ces nanas trentenaires dans leurs désirs et leurs délires du Journal de B.J. et Carrie Bradshaw…
    Je me réjouis d’ailleurs de m’offrir « Y aura-t-il trop de neige à Noël », que je vais aller chercher la semaine prochaine ( on sera en décembre et c’est une envie que j’ai décidé d’assouvir pour décembre :-))) ).

    En tous les cas, je te suis toujours avec grand plaisir sur les réseaux sociaux , j’aime ta bonne humeur, ton sourire et l’énergie que tu nous offres avec générosité …
    Merci pour tout 4a …
    Isabelle alias IB qui fait des plats comme ses toiles avec le coeur dans les étoiles ;-))

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