Humeurs Romans d'amour

Gilles Legardinier – J’ai encore menti !

couverture du livre j'ai encore menti

Pourquoi je n’ai pas aimé le nouveau roman de Gilles Legardinier : « J’ai encore menti! » m’a littéralement fait bondir de rage. J’étais pourtant curieuse de le découvrir d’autant plus qu’il s’agit d’une comédie romantique. Mais, même enrobé sous des kilos de compliments doucereux, son machisme ordinaire a un goût bien amer.

J’ai encore menti ! … et moi j’ai halluciné !

Et puis je trouvais le sujet intéressant : après une chute de poney, une jeune femme se retrouve totalement amnésique et doit réapprendre le monde avec la naïveté d’une enfant de cinq ans. Depuis Voltaire et son Candide, de nombreux auteurs ont utilisé un héros au regard neuf pour dénoncer les étrangetés et les travers de la société et j’étais curieuse de découvrir ce que Gilles Legardinier allait faire avec sa Laura et ses « comportements infantiles ».

Au début je me suis amusée en retrouvant l’humour légèrement potache de l’auteur au meilleur de sa forme. Les difficultés que rencontre l’héroïne pour se reconnecter au monde grâce au programme TARTE (Tentative Acharnée de Reconnexion à Ton Esprit) concocté par sa meilleure amie m’ont fait glousser de rire.

Là où ça se gâte…

Malheureusement, quand on est passé au chapitre des relations amoureuses et des rapports hommes-femme, j’ai nettement moins rigolé. Certains passages m’ont fait carrément bondir ! On a droit à des dialogues édifiants du genre :

« Sans rire? Les hommes sont capables de nous raconter ce qu’on veut entendre dans le seul but de nous séduire ?
Pour une bonne part d’entre eux j’en ai bien peur (…)
Est-ce que les femmes font ça aussi ?
Certaines sans doute mais la vraie différence c’est que les hommes se bercent moins d’illusions alors ils se font moins avoir, ils ne sont pas aussi dupes que nous »

GLOUPS ! Non mais je rêve !
On est des connes bien sûr ! J’avais oublié.
On manque de discernement au point de ne pas savoir ce qu’est un plan cul ?
Il  ne nous arrive jamais de désirer un mec juste pour le sexe ?
Il n’y aurait donc que les femmes à avoir le cœur brisé parce que l’autre ne veut pas d’une histoire sérieuse ?

Ouhou ! On est en 2018 !

Autre sujet d’agacement : à votre avis que fait l’héroïne avant son premier « date » ?
(je précise que le type la met en feu)
Réponse : Le ménage bien sûr ! Elle récure sa maison de fond en comble et elle prépare la bouffe!!!

« En prévision de sa visite, j’ai tout rangé tout briqué (…) J’ai bossé comme une folle mais je suis satisfaite. Si pour une raison que j’ignore nous roulons sous l’évier ou glissons derrière la commode de l’entrée, il se rendra compte que c’est propre. Bien joué Laura »

Ben oui ! Bravo Laura, quand il verra quelle bonne petite femme d’intérieur tu es, il te demandera ta main !

Là où je dis stop !

Le comble de mon énervement a été atteint avec le  chapitre des remerciements si cher à Gilles Legardinier, qui est en fait un manifeste machiste sous couvert d’une (fausse) déclaration d’amour aux femmes.

extrait du livre j'ai encore mentiL’auteur affirme tranquillement qu’il n’est pas pour l’égalité des sexes. (J’avoue, j’ai jeté le livre à l’autre bout de la pièce avant de me forcer à lire jusqu’au bout)

Il préfère le concept « d’équivalence », voire de complémentarité.
Vous savez ce que ça me rappelle ? Ce fameux trait d’humour machiste qui dit que les hommes et les femmes sont complémentaire : les femmes font la cuisine, les hommes la mangent !

Hum ! Je ne suis pas DU TOUT d’accord ! Non monsieur, ce que veulent les femmes ce n’est ni l’équivalence ni la complémentarité.

C’est simplement et totalement cette bonne vieille égalité qu’on a tant de mal à obtenir. Nous ne sommes pas dans le domaine des mathématiques, mais du droit. Le terme juridique est « égalité », comme dans « Liberté Égalité Fraternité ou dans » « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits »

Pas de maths ici ! Juste du droit !

C’est le droit de faire exactement ce qu’on veut de nos vies sans subir les freins, les liens et les assignations, insidieux, parfois subtils, mais toujours réels, qu’on veut imposer à notre genre pour nous empêcher d’avancer.

Non, il n’y a pas de trait de caractère inhérents au genre. Nos qualités nos défauts sont liés à notre personnalité, pas à notre sexe. Rappelez-vous Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme on le devient »

Bon maintenant je me suis bien énervée sur le sujet, je vous le demande : suis-je la seule que ça choque ? Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce que ça vous agace ? Vous indiffère ? Vous rend dingue ? Vous amuse ?

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