Humeurs

Je hais le terme « chick lit » !

Je hais le terme  chick lit’ !

Je ne me sens ni poulette, ni pintade, ni oie blanche. Je ne caquète pas, je ne marche pas les pieds en canard et je ne suis pas du genre à picorer dans mon assiette.
Alors, chaque fois que quelqu’un traite un roman de ce nom d’oiseau, je suis prête à lui voler dans les plumes !

Faut-il se sentir aussi décérébrée qu’un poulet de batterie parce qu’on aime les histoires d’amour ?

Ce que l’on appelle aujourd’hui « chick’ lit’ » est juste la version contemporaine du bon vieux roman sentimental, de Tristan et Iseult à la princesse de Clèves, de Marivaux à Jane Austen – dont l’immense succès a figé pour un siècle les règles du genre : une jeune fille modeste et vertueuse se fait épouser après mille obstacles par le jeune homme le plus convoité. Des codes qui ont été copié jusqu’à l’écœurement et que l’on retrouve jusque dans les pires Harlequin ou Barbara Cartland

Et puis Hélène Fielding est arrivée avec sa Bridget Jones : trente ans et des poussières, enrobée, célibataire, complexée, accro au Chardonays, aux cigarettes et aux guides d’épanouissement personnel. Ensuite il y a eu Candace Bushnell et puis toutes les autres…
Et enfin, les héroïnes de romans se sont mises à nous ressembler

Elles ne sont plus pauvres et vertueuses comme autrefois mais indépendantes financièrement et libérées sexuellement (enfin elles essaient !). Elles savent prendre leurs emmerdes avec humour, voire le taureau par les cornes et en font des tonnes dans l’auto dérision.
Pourtant tout au fond, c’est toujours la même histoire parce que l’Amour reste la grande Affaire de leur  vie. Et pourquoi pas après tout ?
N’est-ce pas ce que nous cherchons tous ici bas ? Faut-il avoir honte d’avoir envie d’aimer ou bien est-ce interdit quand on est une femme urbaine, célibataire et bien habillée ?
Faut-il se résoudre à être considérée comme une volaille de basse cours parce qu’on prend du plaisir à lire (ou écrire) des histoires d’amour contemporaines et drôles qui finissent bien ?

Bien sûr comme dans tous les genres littéraires il y a du bon et du mauvais. Mais un livre qui nous fait passer du bon temps, qui nous fait rire, vibrer, rêver doit-il être considérer comme du maïs transgénique tout juste bon à servir de bouillie intellectuelle à des cocottes écervelées.

C’est pourquoi je réfute le terme chick lit. Je préfère dire… comédie romantique !
Et vous ?

*Chick’ lit’ veut dire littérature pour poulette. Vient de l’américain « chick » (poule) et « lit’ » (diminutif de littérature)

(Article paru le 27 novembre 2008 dans mon ancien blog)

1 Comment

  1. Je n’aime pas du tout cette dénomination pour 2 raisons. La première c’est que je lis aussi cette littérature là, et que ma voix grave me rappelle sans cesse que je n’ai rien d’une poulette, d’ailleurs je n’ai jamais ni appelé ni qualifié une jeune femme de poulette 🙁
    La seconde c’est que je me suis senti ridicule la dernière fois que j’ai cherché un nouveau livre. Plus d’ordre alphabétique ou de classement interprétable pour un quadragénaire, non plus, par contre des allées de Bit’Lit ou de Chick’Lit, .. surprenant qu’il n’aient pas crée un blood’lit pour Franck Thilliez… Bit’Lit !!! non mais je rêve.. c’est vraiment réducteur et on risque d’avoir de plus en plus d’auteurs qui vont écrire sous des pseudos pour ne pas être trop marqués ou cantonnés dans un style ….. argglll c’était de la frustrated’lit !

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